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FISTULE OBSTÉTRICALE: UNE EXPÉRIENCE RÉUSSIE ENTRE LA CÔTE D’IVOIRE, LA KOICA ET L’UNFPA

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Histoire

FISTULE OBSTÉTRICALE: UNE EXPÉRIENCE RÉUSSIE ENTRE LA CÔTE D’IVOIRE, LA KOICA ET L’UNFPA

calendar_today 05 Mars 2026

Konan Aya Juliette et ses filles
Konan Aya Juliette et ses filles

Entourée de ses deux filles, toutes deux trentenaires, et de ses petits-enfants, Konan Aya Juliette affiche aujourd’hui un sourire serein. À 59 ans, elle savoure une vie retrouvée après avoir passé près de la moitié de son existence recluse, souffrant d’une fistule obstétricale contractée lors de sa cinquième grossesse, en 1992.

Pendant des années, la maladie l’a isolée et plongée dans une profonde détresse. Son parcours pour trouver un traitement a finalement pris un tournant décisif lorsqu’elle a confié sa situation à une parente travaillant dans une structure de santé. Grâce à cette intervention, elle a été orientée vers le Centre hospitalier universitaire (CHU) de Bouaké, où elle a pu bénéficier d’une intervention chirurgicale réparatrice.

L’opération a été un succès. Après sa convalescence, Konan Aya Juliette a pu rentrer chez elle et célébrer, entourée de ses proches, ce qui s’apparente pour elle à une véritable renaissance.

Depuis, sa vie a profondément changé.

« Elle est devenue souriante et épanouie. Elle a commencé une nouvelle vie et s’est même remariée avec un homme qui souhaitait l’épouser avant même sa guérison », raconte un membre de sa famille. Aujourd’hui, Aya Konan Juliette se consacre pleinement à sa famille — ses enfants, ses petits-enfants et son mari — ainsi qu’à son commerce de charbon.

Un engagement soutenu et un partenariat réussi pour faire reculer la fistule obstétricale

les chirurgiens du CHU de Bouaké en phase d’opération d’une survivante de fistule obstétricale
Les chirurgiens du CHU de Bouaké en phase d’opération d’une survivante de fistule obstétricale 

 

En Côte d’Ivoire, la prévalence de la fistule obstétricale est estimée à 1% en 2021 (EDS 2021) parmi les femmes en âge de procréer, soit environ 74 000 femmes, vivant dans leurs communautés avec cette pathologie invalidante.

Pour répondre à ce défi de santé publique, , le Gouvernement ivoirien, l’UNFPA et l’Agence Coréenne de Coopération Internationale (KOICA)  ont mis en place un partenariat tripartite pour mettre en œuvre un projet « Prévention et traitement des cas de fistules obstétricales en Côte d’ivoire ». La troisième et dernière phase de ce programme a été déployée entre 2021 et 2024..

Des résultats probants qui redonnent de l’espoir aux familles et aux communautés

Ce partenariat a permis des avancées significatives dans la lutte contre la fistule obstétricale en Côte d’Ivoire, notamment, rendre disponible une masse critique de chirurgiens spécialistes de fistule obstétricale, de rendre fonctionnel 11 centres de prise en charge des fisstules obstétricales et de renforcer la dynamique communautaire qui favorise la prévention, la prise en charge psychosociale. 

De façon spécifique, il a permis, entre autres,  de:

  • Renforcer le plateau technique du système de santé (blocs opératoires et maternités réhabilités et équipés)  pour la prise en charge chirurgicale des cas de fistule obstétricale et 76 services de maernité réorganisés
  • Renforcer les capacités de 2562 sage femmes, infirmiers et médecins généralistes pour la prévention et la prise en charge  pré et post opératoire 
  • Renforcer les capacités de 154 chirurgiens, gynécologues et urologues pour la prise en charge chirurgicale des cas simples et de 10 chirurgiens pour la prise charge chirurgicale des cas complexes
  • Opérer 4 409 porteuses de fistules obstétricales 
  • Réinsérer au plan socio-économique 2 276 ex-porteuses de fistules obstétricales 

La KOICA, un partenaire de premier plan du Ministère de la Santé, de l’Hygiène Publique et de la Couverture Maladie Universelle et de l’UNFPA dans la lutte pour l’élimination de la fistule obstétricale en Côte d’Ivoire

A KOICA team on a field visit to Bouaké at the clothing store of a woman who has recovered from obstetric fistula
A KOICA team on a field visit to Bouaké at the clothing store of a woman who has recovered from obstetric fistula

 

La KOICA joue un rôle majeur aux côtés du Ministère de la Santé, de l’Hygiène Publique et de la Couverture Maladie Universelle et de l’UNFPA dans la lutte contre la fistule obstétricale en Côte d’Ivoire.

Depuis 2012, la République de Corée a investi 16.070.000 USD  dans des programmes de prévention, de traitement et de réinsertion des femmes touchées par cette pathologie.

Cet engagement vise à garantir qu’aucune femme ne meure ou ne soit stigmatisée pour avoir voulu donner la vie.

Des investissements stratégiques nécessaires pour l’élimination de la fistule obstétricale en Côte d’Ivoire

Group photo after a working session between the Ministry of Health, Public Hygiene, and Universal Health Coverage, KOICA, and UNFPA
Group photo after a working session between the Ministry of Health, Public Hygiene, and Universal Health Coverage, KOICA, and UNFPA

 

Selon les estimations, environ 250 nouveaux cas de fistule obstétricale sont enregistrés chaque année en Côte d’Ivoire. Plusieurs facteurs expliquent cette situation, notamment la faible utilisation des méthodes modernes de contraception (18% de taux de prévalence contraceptive EDS 2021),  de la faible  couverture des soins obstétricaux et néonataux d’urgence de qualité, de la persistance de certaines pratiques nefastes à la santé de la femme (excision, accouchements à domicile non assistés par du personnel de santé non qualifié, faible suivi des grossesses) et de l’insuffisance de ressources financières pour la poursuite des interventions.

La fistule obstétricale freine le développement humain et économique en marginalisant des femmes en âge de travailler et en générant des coûts importants pour les systèmes de santé et les programmes de réinsertion. Des investissements soutenus restent donc essentiels pour prévenir la maladie, renforcer l’accès au traitement et accompagner la réintégration socio-économique des survivantes.

L’élimination de la fistule obstétricale passe notamment par le renforcement de la prévention, l’amélioration de la prise en charge médicale et de la réadaptation des patientes, l’engagement accru des communautés, ainsi que la mobilisation de financements durables et l’intégration de cette priorité dans la mise en œuvre de la Couverture Maladie Universelle